vendredi 23 mai 2008

C'est possible...oui !


Un simple particulier a attaqué le Crédit lyonnais, qui lui réclamait 6 000 €. Le tribunal d'instance vient de lui donner raison.

UNE DETTE bancaire divisée par treize. C'est l'exploit qu'a réussi Farid Bensalah, 56 ans, un particulier des Grandes-Bornes, à Goussainville, auprès de l'agence locale du Crédit lyonnais. Le tribunal d'instance de Gonesse, que cet habitant avait saisi l'an dernier contre LCL, vient de prononcer un jugement en sa faveur, qui réduit sa dette à 472 € au lieu des 6 000 initialement réclamés par sa banque.

Entre 2003 et 2005, explique Farid, mes conseillers bancaires m'ont, selon moi, poussé à la consommation en me prêtant des sommes, aggravant mon endettement. Mais aussi en me faisant contracter et renouveler d'office, sans délai de rétractation, des revolvings (NDLR : des crédits à fort taux d'intérêt) alors que je me trouvais dans une mauvaise passe financière et professionnelle, accuse ce père de famille qui, après deux ans de chômage à la suite d'un accident du travail, a passé un CAP et un bac pro comptabilité avant d'entrer dans la fonction publique voici quelques mois.

Et, poursuit-il, comme je ne pouvais plus faire face à ces crédits que je n'aurais jamais dû signer, Le Lyonnais m'a, de plus, facturé des agios importants que j'estimais indus. Les relations se sont envenimées, ils m'ont envoyé les huissiers et fiché à la Banque de France. C'est là que j'ai saisi la justice. »

Cette dernière a reproché à la banque « un défaut de conseil », mais surtout « de ne pas avoir proposé à son client, alors que son découvert persistait depuis plus de trois mois, d'offre de facilité de caisse conforme à la législation ou, à défaut de clôturer immédiatement son compte ».

Le Crédit lyonnais n'a pas fait appel. Contactée hier, la banque n'a pas souhaité faire de commentaire sur cette décision. Farid savoure d'autant plus sa victoire qu'il disposait pour sa requête de très peu de moyens de défense, comparés à ceux du siège du Lyonnais : « Je ne suis absolument pas juriste, et me suis défendu seul, sans l'aide d'un avocat, explique-t-il, grâce à un travail personnel acharné, des recherches notamment sur Internet et les conseils judicieux de l'Association française des usagers des banques (Afub). Défendre ses intérêts face aux puissants, c'est possible : "c'est le message que je veux faire passer à tous ceux qui, comme moi, s'estiment lésés par de telles institutions. "

Article du parisien en date du 6 mai 2008